août
20
2011

Assumer sa chance

Sur une greve, on m’installe la moustiquaire. J’attend le retour des chasseurs… ou bien un signe sonore de la chance. J’ecoute l’esprit tranquille la riviere couler, un poisson qui mouche, un oiseau e ‘reveiller’, un coucou lointain, une branche qui craque, tout pres… Interdiction d’allumer un feu, au risque de faire fuir un quelconque animal. Sans feu ni frontale, et l’obscurite qui s’avance, je n’ai plus qu’a me laisser aller au sommeil, apres avoir soigneusement bute tous les moustiques pretendants echanger leur sang ave la belle au bois dormant.

Le chasseur bleuffe

Kostia revient les mains vides et le cul mouille. L’omorochka de fortune est pas un cadeau question confort et navigation. Ca ne lui ote pas son humeur joyeuse, ni la gnak obligatoire de s’ entretenir, se secher et s’rechauffer, s’nourrir quand on crapahute dans la taiga. Et le voila prit ‘envie de pecher en pleine nuit. Soudain, coups e fusil. 1,2,3, et 4!!! On a rigole de Renate, pas tres economique omme partenaire. Et puis on est quand meme alles voir, le deloger de son perchoir.

Aye, je sais c’est quoi, une soloniets. Un gros arbre sacrifie, creues et entaille dans lequel on repand du sel. Avec la pluie et la nature des choses, le sel descend dans les racines, puis dans le sol. Les animaux viennent y lecher la boue tout autour, tant si bien que les racines en sortent de terre, comme une epave eventree a maree basse sur un rocher. Sur une hauteur le chasseur se planque, allonge sur 3 planches, et attend…

Une Biche et son faon de l’annee. Renate exulte, enfin chasseur heureux. On deblatere toute la nuit de l’affaire, de comment faire, pour ne rien perdre de la chance. A l’aube on file chercher les 4 bras restants pour tirer les betes de la. On a tout depece sur une greve. Renate un peu barbare-novice. Kostia ultra efficace, tente de me recuperer la peau tachetee. Encore une fois, j’admire le travail: chasseur, boucher, cuisinier, navigateur, mecanicien, capitaine… Juste et tranchant. Pas de souplesses superflues, au risque de perdre le fruit de tous les efforts. Pas de confiance aveugle, d’amities a faire semblant quand il s’agit de se bouger pour survivre, vivre, manger…

Viande. Un tas sur la table, enorme, en plein cagnard. Les mouches tournent autour… faut pas s’louper, pas s’relacher. Enfumer, debiter, saler, suspendre, fumer sous le fumoir, eventer contre les mouches, pendant 2 jours sans interruption. La chance, c’est une chose… apres faut assurer pour pas la laisser nous pourrir entre les mains.

Bref, du vrai « Into the Wild », mais pas tous seuls… C’est lors d’un relevage des filets un matin que je prend conscience de ma chance, a moi… Kostia nous mene le long d’un bras de riviere magnifique. Il faut passer un tronc enorme, serpenter entre des bancs peu profonds, au milieu d’une foret d’arbres enormes, tordus, casses, vigoureux… Tous les arbres representes. Des tilleuls embaument, les Pins se chargent de pignes, cette annees. Des pans entiers de raisin sauvage. Les pentes de la coline qui descendent parfois a pic dans la riviere, laissant la roche a nu. Kostia me montre la source Laoxe, une eau bleue-grisee minerale, qui rajoute a l’ensemble sa purete inviolee… Emotion coup de foudre, pour ce lieu et ce gars, qui m’ouvre les portes d’un monde de tresors, a la hauteur de mes reves.

Ecrit par admin in: Ete,Kitaiskaia |

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