juil
07
2011

Expe Laoxe

C'est quand qu'on embarque???

Manoeuvre

J’m'etais donc programme une bonne semaine de fougeres en attendant que Kostia s’occupe d’un groupe de « touristes » russes en quete de gros poissons. Et pi, surprise, la veille du depart, il me dit: « Tu veux toujours vraiment venir? L’oncle Serguei prend aussi sa barque, file un coup de main pour tous les envoyer jusque la -haut. Au retour on sera moins plein, on tiendra tous dans une seule lodka. Aller, prepare-toi, demain on embarque! »
Youhou. J’attend que ca, moi. Commencer une vie la -haut. Et pour commencer une vie, rien de mieux que le printemps, qui d’ailleurs, la-haut, se fait encore plus tardif qu’au village. Au 1er juin, il est toujours temps de planter les patates… (ouf, tout peut encore se jouer…)

Savez-vous planter les Pins... a la Coreenne?

... et pecher du sachimi?

Encore un de ces instincts ancres bien profond: assurer sa survie, assurer son autonomie, alimentaire en premier lieu, sans intermediaires, entre la terre en tant que base fertile, et soi-meme en tant qu’estomac ambulant muni d’organes aptes a cultiver (meme si on est pas que ca, bien entendu). Je me souviens d’un businessman a Seoul, soupirer devant le recit d’une aventure voyageuse, ou de l’evocation d’une partie de tennis, d’equitation ou de ballade en nature… « C’est genial de pouvoir vivre tout cela… j’aimerais bien, moi aussi, mais j’ai pas le temps! Tous les jours, il faut travailler!
- Et qu’est-ce qui vous empeche de moins travailler?
- En Coree, y’a 3 pommes pour 10 personnes. C’est la competition. Il faut etre le meilleur pour pouvoir s’emparer d’une pomme, et la manger.
- Et si vous preniez du temps pour planter des pommiers et faire pousser des pommes??? »

Ferme a poisson en Coree

En attendant le client...

Les businessman russes repondent a leurs instincts d’une toute autre maniere: quand ils prennent du temps libre, c’est pour faire le plein de chasse, de peche et de nature sauvage. Pour 3000 roubles par jour, Kostia fait guide et conducteur, avec pour mission d’leur permettre de ramener du poisson fume a la maison.

Les turbulences des eaux

La riviere bouillonne. Rien a  voir avec la tranquille Pechora. La Bikin est consideree comme une riviere de montagne, dangereuse, faite de courbes soudaines, de bras etroits et d’arbres morts charries en tas, qui forment a  certains endroits de veritables cimetieres de bois.  Je me poste a  la proue, bien que ce soit la place de la sentinelle: a la forme des remous, elle se doit de reperer les bancs de galet peu profonds, et les branches immergees. Mais les pluies ont rempli la riviere a  raz-bord ce qui facilite la navigation. Je me permet le bonheur d’avoir le nez en premiere ligne, pour recevoir les odeurs delicieuses des fleurs de cerisier sauvage et de « cheromuxa »… La plupart des autres ont deja degaine leurs fusils, et scrutent les berges impassiblement. Moi, je me rejoui a  chaque canard qui s’envole, (pas mal de Mandarins) a  chaque tache orangee sur un vieux saule (champignons), a  chaque heron stoique et statique (« on m’a pas vu »), et frise l’extase lorsqu’a  notre passage un Aigle a  queue blanche (endemique) s’envole et nous precede sur quelques metres, avant de se poser sur une cime nous regarder fierement passer.
Arrives a  « la base » apres une nuit passee dans une autre baraque en chemin, Kostia m’envoie de l’autre cote de la riviere, chez Baba Maia et Died Edik. Eux, continuent plus haut encore, ou le poisson abonde. Un peu dur pour moi d’accepter le principe: pas question de me laisser seule plusieurs jours en pleine foret. Cela-dit, passer quelques jours chez les voisins, a  Laoxe, etait tout ce qu’il me fallait pour apaiser son instinct de survie, et preparer tout un futur a  m’faire rever…

Ecrit par admin in: Printemps |

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